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La résonance du manque

Il me semble qu'il existe une constante chez chacun.e d'entre nous ! 

En tous cas, chez moi, pour moi c'est sûr !

 

Peut-être que je nommerai cela ...la mécanique du naturellement vécu !

ou

le naturel mécaniquement vécu !

ou

je vis, je ris,

je vais, je fais,

je mange,  je range, je dérange,

j'embrasse, j'embrase,

je jouis,  

mais ai-je conscience du plaisir que j'y prends (ou pas, d'ailleurs)

 

Ai-je vraiment conscience de tous MES possibles ?

 

Bien sûr que non !

Et la constante est : c'est toujours le manque qui en fait prendre conscience,

la privation, la suppression !

 

Je m'explique ou vous me suivez ? 

 

Combien de fois, allez-vous avoir envie d'aller aux toilettes ?

Comme par hasard 

 

Combien de fois allez-vous ouvrir le robinet mais ..?

Comme par hasard 

 

Et cette envie d'un thé, juste maintenant ? oups ...

Comme par hasard 

 

Pas grave, je vais en profiter pour laver ma perruque ... mais euuuuuuh ! 

Comme par hasard 

 

Il suffit d'être privé un court temps d'eau pour comprendre son importance dans notre quotidien.

Et cette facilité à la faire arriver jusqu'à nous quand chaque envie ou besoin la réclame !

 

Quand l'eau revient, on savoure, on apprécie ...et on oublie ! 

 

Mes deux jambes  ? Vos deux jambes ?

Vachement utile d'avoir les deux pour monter un escalier sans réfléchir à : 

- quel pied d'appui en premier

- quel poids ? et où ? et quand ? 

- comment je tiens la rampe ? 

- et.... comment je vais redescendre ? 

 

Vous vous posez ces questions quand vous n'avez pas d'entorse, de fracture ?

Quand la mécanique de vos articulation est huilée ? 

 

Et pourtant c'est assez magique, non, d'y réfléchir en pleine conscience avant,

bien avant d'en être un peu, beaucoup, éventuellement privé.

De savourer.

Inutile de vous faire un descriptif de la perte de liberté, pas uniquement la punition par rapport à un délit. 

 

La liberté est un concept multiple :

Liberté de penser, de voter,

Liberté de faire des enfants, de faire le nombre d'enfants qu'on souhaite, de ne pas avoir d'enfants,

Liberté de se marier,  de ne pas se marier, de choisir l'Autre,  

Liberté d'avoir un job, de s'habiller comme on veut etc...

 

Effectivement variable suivant les pays, les états, les régimes, les religions, le moment parfois ... 

D'où certains exodes politiques ou économiques : ces fuites-là, ces histoires là plus souvent faits divers permettent d'en prendre conscience un peu ...beaucoup, furtivement 

 

Mais la liberté

c'est aussi  :

je fais ce que je veux

quand je veux

où je veux

avec qui je veux 

sans autorisation 

sans permission

juste parce que j'en ai la possibilité ! 

Pour synthétiser :

M'est avis que le manque, la privation fait prendre conscience

de ce que nous avons eu et que nous oublions d'apprécier, 

de ce que nous pouvions et que nous faisions mécaniquement

de ce que nous vivions et que nous faisions machinalement

parce que c'est naturel, inné, habituel tout simplement là !

Juste N.O.R.M.A.L

Tout pareil pour les cheveux, mes cheveux !

 

Je suis née avec des cheveux.

J'étais une fille.

Je suis une femme.

What else ? 

N.O.R.M.A.L.E

 

Logique de la mécanique naturelle.

 

Bref si vous imaginez que j'ai, un jour, imaginé être une femme sans cheveux, absolument pas !

Quand je les avais, que je posais pour des photographes, que je défilais pour

des shows Coiffure... Ok, je savais que j'avais la chance d'avoir des cheveux particulièrement ...cheveux !

 

Vous avez bien lu : "Je savais que j'avais la chance" mais je n'ai pas écrit : " j'appréciais, je savourais cette chance."

 

D'abord c'était normal quand on est une nana d'avoir des cheveux 

Ensuite,  certains matins étaient plus emmêlés  : "c'est quoi cette tignasse ? grrrrrr, pfff, mmmmmm,  rhhhhhh  ! "

A vous d'y mettre le bruitage -rires-

 

Et puis ...leur chute m'a mise à plat,  leur absence  m'a révélé la sensualité d'une mèche qui vole, la fragilité d'une nuque se découvrant sous des cheveux relevés, l'érotisme de la main décoiffante d'un amoureux dans cette toison-là  ...

 

C'est ce manque qui m'a fait prendre conscience que tous ces gestes étaient importants.

Alors j'ai choisi de porter une perruque en conscience. 

Et en conscience, je me suis attachée à la vivre comme mes cheveux , pour me retrouver telle que Moi

et en conscience, j'ai compris que c'était ce que je voulais VOUS transmettre. 

 

Alors aujourd'hui, en ce 17 mars où le confinement nous prive d'espace, de mobilité, de liberté, il est bon de réfléchir, éventuellement  prendre conscience de ce qui nous était permis, de ce qui nous était possible, de ce qui va réellement nous manquer, de qui va nous manquer.

 

Pour quand les jours d'Après viendront....

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