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Je porte une perruque ! A qui et pourquoi le dire ?

Il m'arrive de me prendre pour une comédienne qui répèterait son texte en boucle, avant de monter sur scène.

Pour quelles raisons ? 

- Ne  rien oublier de dire 

- Le jeu des émotions, les émotions du jeu, les émotions du JE

Pourtant ce texte, je le connais pas coeur !

Mais je continue, en tous cas, j'en ai pris conscience hier, de le répéter avant d'investir "un nouveau lieu", un nouveau public.

Quand au travail sur les émotions, il s'agit de n'en montrer aucune, surtout, surtout ne pas déclencher d'autres répliques, qui nous sortiraient du texte initial ...BREF

Hier, j'avais donc rendez vous pour un massage et cette pensée furtive, m'a traversée.

Parce que c'est un nouveau lieu que je n'ai jamais fréquenté, parce que la Team ne me connaît pas.

En même temps, et c'est dans ces moments là que je mesure le chemin parcouru.

 

Parce qu'en fait, c'était quoi le problème ?

Dire -éventuellement- que je porte une perruque,

que je n'ai pas de cheveux

versus,

me faire masser pendant une heure et demie.

 

Ajouter un peu plus de nudité à ma nudité ?

 

Je ne pense pas que les hommes atteints de calvitie précisent qu'ils n'ont pas de cheveux sur le crâne.

 

Donc dans ma voiture, je m'interrogeais sur ce besoin de toujours justifier ce que nous avons de différent, dès lors que nous avons imaginé que cette différence était une TARE., ou plutôt que nous l'avons labellisée en négatif.

 

Je dis "NOUS" parce que pour le coup, je ne suis pas la seule, non ???

En continuant ma déambulation dans mes pensées et souvenirs, je me suis rendue compte que je le disais de moins en moins même quasiment plus du tout que .....

J'ai même envie de dire, que cela ne m'arrive que dans un contexte professionnel...Rires...

 

Evidemment quand on crée un concept qui s'appelle Accepte ta perruque, cela suscite une curiosité qui m'amène toujours à expliquer que c'est mon histoire !

- Ah bon vous avez eu un cancer ,

- Non, une alopécie totale, une pelade

- Ah mais cela a bien repoussé

- Non 

- ..............parce que là... c'est une perruque ?

- Oui 

 

Je me demande parfois si je ne vais pas devoir appeler le 15 - Samu ou le 18 - Pompiers, quand leur expression de surprise 

ne se dé-fige pas ...rires.

Et en même temps, je crois que j'aimerai leur faire, moi, le bouche à bouche, si besoin était.
Juste retour de ce souffle de vie que chacun, chacune m'a insufflé, dans ce Ô de surprise.

Cela pourrait être un sujet de dissertation :

Quand vous êtes-vous sentie OBLIGEE de parler de votre prothèse capillaire, de votre perte de cheveux ? 

Quelle est la liste de cet aveu ? A qui ? Pourquoi

Dans quelles situations ?

Dans quels rendez vous ? 

Ce que j'ai compris hier, c'est que les situations où il y a obligation de SE dire,  de LE dire, ne sont que celles qui vont entraîner de la part de l'autre un toucher, un contact avec vos -faux-cheveux.

Donc plutôt de l'intime, non ?

Donc c'est dans le cadre d'un rendez vous avec un médecin, un masseur ou masseuse, votre prothésiste capillaire mais à priori il/elle le sait, et bien sur un rendez-vous amoureux avec potentiellement + si affinités.

Donc de l'intime !

 

Si se raconter et dire est important, nécessaire et vital pour vous : alors faites-le, vous le valez bien.

Mais si comme moi, vous en avez parlé plus que c'était nécessaire, par besoin de vous justifier, de vous excuser, d'être rassurée, c'était bien, c'était bon, c'était VOTRE BESOIN. 

Besoin d'un moment pas de toujours.

Aujourd'hui, sachant que les modèles de perruques que je porte sont indécelables, parce que mon mode de vie les rend indécelables, les moments d'aveu sont rares, très rares.

 

 

Et puis dire QUOI ?

Moi même j'ai oublié que je portais une perruque.

 

Je vis avec ces cheveux là.

Mais quel est donc le mot le plus  important de cette phrase ? `

 

 

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