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La chute -de cheveux- de et par Maya Géring

 Maya Gering, chère Maya, 

 

Vous pourriez être ma fille pour deux raisons au moins mais peut être trois !

La première étant votre âge versus le mien, la deuxième votre talent de réalisatrice dans le cinéma d'animation - le cinéma, l'écriture cinématographique est une passion que j'ai transmise à mon fils-

 

Et la troisième ? Oserai-je écrire qu'elle est un peu tirée par les cheveux ?

 

Je ne veux pas le formuler comme cela, Maya, parce que d'abord nous n'avons pas la même alopécie -sourires - :

"la même alopécie", comme si je comparais nos tailles, nos pointures, nos compétences, nos goûts !

Mais, nous avons ressenti  les mêmes émotions, le même sentiment de perdre non seulement nos cheveux mais aussi notre identité de femme et notre avenir en tant que femme.

Et nous revendiquons la même volonté de faire savoir que nous sommes, nous restons et nous resterons Femmes.

 

En regardant votre court métrage

En lisant votre interview dans Ouest France

je suis quand même sidérée que 30 ans après "ma chute",vous atterrissiez dans le même "no mans land" de causes, d'information, de remédiation, voire de prévention.

Je suis sidérée que des générations de femmes passent par cette épreuve, sans qu'on ait encore trouvé d'explications acceptables et plausibles, de traitements efficaces et sans effets secondaires.

Sidérée et hallucinée !

 

 


Maya, ce n'est pas une exagération, ni petite ni démentielle, ce plan de votre court-métrage que je me suis permise de fixer, capturer.

C'est la réalité, c'est notre réalité, dès lors que nous sommes diagnostiquées : alopécie universelle !

Et aucune fillette, adolescente, jeune femme, Madame, Mamie, nana,...aucune femme n'est préparée à se voir ainsi, un jour, dans le miroir.

Aucune ! 

Parce qu'effectivement, quand on naît, quand on est du sexe féminin et qu'on s'y sent bien, on se sait programmée pour avoir :

- des cheveux peut-être trop frisés, trop raides, pas assez comme ceci ou trop comme cela mais des cheveux, oui !

- des cils et des sourcils qu'on re-dessinera à coups de pince à épiler suivant les tendances, la mode, mais des cils et des sourcils, oui !

- des poils pubiens qu'on épilera aussi, surtout l'été, la fameuse "épilation maillot" mais un pubis de femme, oui !

- des poils sous les aisselles et sur les gambettes qui nous feront râler parce qu'il faudra les raser parce que pour le coup ces poils là c'est pas vraiment sexy et décidément cela repousse trop vite, mais des poils, des poils à épiler quand on est à poil OUI OUI et OUI !

 

Normalement, quand tu es une nana, tu es livrée avec ce package parce que c'est cela naître au féminin, être au féminin ! Et ce paquetage, il dure toute ta vie !

Normalement ....

Pour Soi, pour le miroir, pour les hommes qui vont te désirer, pour les attentes de la société, pour celles de ta famille, pour ton rôle à venir, c'est comme cela qu'on te veut : avec des cheveux.

C'est en tous cas, comme cela que tu t'imagines, sans t'imaginer vraiment d'ailleurs puisque : on est -on naît- une fille, on a des cheveux ! c'est identitaire ! 

Normalement ....

Et non seulement, c'est identitaire mais les cheveux sont considérés comme un atout de la féminité, un atout de la séduction, un atout majeur, celui qui rafle la mise !

Normalement ....

 

Alors, on fait comment quand dans son jeu,  dans son JE, on a perdu son atout ? ....

 

A suivre

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