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Je pense à ma perruque comme vous à vos cheveux

Donc, vous y pensez quand à vos cheveux, vous ??

Quand vous avez passé la soirée dans un endroit enfumé ou sentant le graillon et que votre chevelure en garde trace ?

Quand vous avez envie de changer de tête et qu'une visite chez votre coiffeur préféré s'impose ?

Quand vous voulez être bien coiffée pour un événement particulier ?

Quand vous avez envie d'essayer ce bandeau en vente chez Zara ?

Quand ...pensez-vous à vos cheveux ?

 

Et moi, quand est-ce que je pense à ma perruque ?

Exactement comme vous, quand j'ai l'impression qu'elle sent la cigarette et qu'elle a besoin d'un shampoing, quand j'ai envie de changer de modèle pour essayer un nouveau style de prothèse capillaire, quand je souhaite être bien coiffée pour un rendez-vous, quand j'ai envie de voir ce que donne sur moi la collection de bandeaux et serre-tête découverts chez Zara.

 

Je pense à ma perruque ni plus ni moins que vous à vos cheveux, parce que je la vis comme mes cheveux, je l'ai acceptée.

 

Je vous le concède, je le sais, je l'ai vécu : au début, c'est infernal.

Pas une demie seconde où l'on oublie qu'on porte une perruque, qu'on a perdu ses cheveux. On est brutalement entrée dans un monde inconnu, où l'on va cacher ce qui nous arrive, où la peur d'être trahie devient obsessionnelle, où "la gardienne" de ce secret intime est notre perruque, cette perruque.

Alors on cultive le "particulièrement bien coiffée", un peu à la manière des Demoiselles de Rochefort ...

Alors, combien de temps pour oublier qu'on porte une perruque ?

Un certain temps, un temps certain et même un temps incertain.

J'ai eu l'impression, me concernant, que c'était une éternité. Sauf que je ne connaissais personne qui était passée par là, je ne connaissais personne qui vivait chaque jour de sa vie avec une prothèse capillaire sur la tête, je n'avais pas de modèle, pas de référence.
Aussi, j'ai fait le parcours toute seule, la trouille au ventre parfois, un manque de confiance et d'estime de moi chevillé au corps toujours, une colère contre cette injustice qui me rendait agressive, très souvent, trop souvent.

J'étais en morceaux, pas en mille morceaux, non, non, en DEUX morceaux : d'un côté mon corps et de l'autre cette foutue perruque !

Jusqu'à ce que je découvre ma "bonne perruque" correspondant  à votre "bonne coupe de cheveux", mais vous connaissez l'histoire ! sinon c'est à lire ici ou à écouter .

 

Aujourd'hui, je vous confirme :

- que jamais je ne pense à ma perruque, à ces cheveux là

- que je souris intérieurement à l'incrédulité de celles et ceux à qui, moi et je dis bien moi, décide de le révéler

- que je crois sincèrement que ma perruque doit être décelable parfois, parce que trop ébouriffée, trop mal coiffée ou autre mais je m'en fous et du coup le monde entier s'en fout, évidemment !

- que ce style de perruque est tellement raccord avec mon allure et ma féminité que personne ne la voit comme une perruque parce que je ne la vis pas comme une perruque

- que cette façon d'être est extrêmement rassurante pour mes clientes et amies que j'accompagne quand elles sont concernées par le besoin d'une prothèse capillaire

- qu'il est important de faire le bon choix, celui qui met en valeur votre regard, votre sourire, Vous.

 

Et surtout n'oubliez pas, si Vous, vous avez l'impression de porter une perruque, si vous en êtes convaincue, vous convaincrez les autres sans même leur dire. A l'inverse....

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